Un secteur confronté à une inflation normative sans précédent

Depuis plusieurs années, les sociétés de gestion doivent composer avec des normes réglementaires de plus en plus denses. On peut citer comme exemple les exigences du règlement européen dit DORA, en vigueur depuis un an. Ce dernier impose aux acteurs financiers un dispositif complet de résilience opérationnelle numérique : tests réguliers, supervision stricte des prestataires critiques, gestion renforcée des incidents IT. Pour les équipes dirigeantes, la pression réglementaire est double : assurer la conformité de l’activité tout en maintenant un niveau élevé de performance et de sécurité opérationnelle. Une faille, même mineure, peut désormais entraîner des réclamations clients, des sanctions administratives envers ses dirigeants ou une atteinte durable à la réputation de la société.

Dirigeants en première ligne : une responsabilité accrue

Les autorités de supervision renforcent leurs attentes à l’égard des dirigeants. Gouvernance, décisions opérationnelles, traçabilité des choix stratégiques : tout est désormais scruté. Cette évolution accroît mécaniquement leur exposition personnelle. La cybersécurité constitue un point de vigilance particulier. Avec DORA, la gestion d’un incident informatique ou d’une défaillance d’un prestataire externe ne relève plus seulement de la technique. Elle devient un enjeu de gouvernance qui peut engager directement la responsabilité des dirigeants. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de « se conformer », mais bien d’être en mesure de démontrer, documents à l’appui, la qualité des dispositifs mis en place.

L’assurance, un pilier de la gestion des risques

Face à ces risques multiformes, l’assurance n’est plus un simple instrument de transfert financier. Elle s’impose comme un outil structurant de la stratégie de gouvernance. Deux garanties sont essentielles :

1. La Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) : Indispensable pour couvrir la société en cas d’erreur, d’omission ou de manquement dans la gestion d’actifs ou le conseil. Dans un cadre réglementaire aussi dense, la probabilité de litige augmente automatiquement.

2. La Responsabilité des Dirigeants (D&O) : Elle protège les dirigeants en cas de mise en cause personnelle : enquêtes administratives, manquements supposés, décisions contestées. Dans un secteur où la supervision se renforce, cette protection devient hautement recommandée. 

Le rôle clé des assureurs spécialisés

Compte tenu de la technicité des risques auxquels sont confrontées les sociétés de gestion, un haut niveau d’expertise est nécessaire, et il est recommandé de faire appel à un assureur spécialisé dans le secteur des institutions financières.

Leur valeur ajoutée réside dans :

  • une compréhension des activités des sociétés de gestion de portefeuille (SGP),
  • la capacité à structurer des contrats adaptés aux modèles de gestion (gestion pour compte de tiers, private equity, …),
  • un accompagnement renforcé en cas de sinistre ou d’enquête.

Pour les SGP, s’appuyer sur un acteur spécialisé permet non seulement de réduire leur exposition au risque, mais aussi de renforcer la confiance de leurs clients et investisseurs mais également de continuer à travailler avec un minimum de sérénité pendant l’instruction d’une réclamation/enquête.

Vers une assurance intégrée à la gouvernance

La montée des exigences réglementaires transforme en profondeur le rôle de l’assurance dans le secteur de la gestion d’actifs. Loin de se limiter à une protection financière, elle devient un outil de gouvernance, un levier stratégique et un facteur de résilience. Dans un contexte où les responsabilités des dirigeants se renforcent et où les risques opérationnels se complexifient, les SGP ont tout intérêt à intégrer leurs partenaires assureurs au cœur de leur dispositif de gestion des risques. Un mouvement déjà largement engagé et appelé à s’accélérer.