Imaginez revenir de voyage et découvrir que la bague tant aimée, héritée des fiançailles de votre grand-mère, a disparu ; ou subir un cambriolage à domicile et constater que les montres de votre collection se sont volatilisées « comme par magie ». Certains événements semblent tout droit sortis d’un film hollywoodien, comme ce fut le cas très médiatisé du 7 décembre 2024 dans la demeure de l’influenceuse Shafira Huang. Bien que située sur Avenue Road à St John’s Hill — la fameuse « Millionaires’ Row », l’une des zones les plus exclusives d’Angleterre —, elle constituait une cible parfaite pour un vol de plusieurs millions d’euros : le butin, estimé à plus de 12,5 millions d’euros, comprenait des bijoux de créateurs uniques et des sacs de luxe.

Au-delà de l’impact émotionnel, la perte d’une pièce haut de gamme peut représenter des dizaines de milliers d’euros.

Si la joaillerie de luxe reste attractive, le marché lui-même fait face à de nombreux défis, les bijoux devenant un risque de plus en plus exposé. La combinaison de l’utilisation croissante de l’or, des diamants et des bijoux à des fins de blanchiment d’argent, ainsi que l’augmentation du risque de vol, entraîne une hausse des primes, impactant à la fois les détaillants, les fabricants et les clients fortunés du secteur.

Mais… que signifie « joaillerie de luxe » ? Elle comprend des pièces réalisées en métaux précieux et pierres de grande valeur (gros diamants, saphirs, émeraudes), des montres haut de gamme, des créations de designers ou des antiquités uniques dont la valorisation dépasse largement les limites habituelles d’un contrat d’assurance habitation. Ces objets disposent généralement d’une documentation étendue, comme des certificats gemmologiques (par exemple GIA) ou une provenance/authenticité reconnue.

Dans un marché aussi volatil, il est essentiel de disposer d’une assurance spécialisée pour les bijoux.

Mais… pourquoi est-ce important ? Souvent uniques et issues d’un savoir-faire d’exception, ces pièces ont non seulement une valeur financière élevée, mais aussi une valeur sentimentale et de collection. De nombreuses assurances habitation standard imposent des plafonds par objet ou par catégorie et excluent les pertes survenues hors du domicile ou liées à une négligence, faute de spécialisation dans ce domaine. Sans une couverture adaptée, les propriétaires risquent de recevoir une indemnisation insuffisante. Protéger ces pièces est à la fois une décision financière et un élément de gestion de patrimoine.

Les assureurs spécialisés proposent différentes couvertures permettant d’éviter les litiges en cas de variation des valeurs de marché, telles que : vol et cambriolage, perte accidentelle, dommages et réparation (incluant la restauration ou le nettoyage après un dommage accidentel, comme un choc ayant déplacé une pierre), couverture transport et voyage (protection lors des déplacements ou du transport), ainsi que les pertes liées à des sinistres (incendie, inondation).

La mobilité et la visibilité constituent un défi pour le secteur. Lorsque les bijoux sont portés lors d’événements, transportés à l’international ou exposés publiquement, les garanties des contrats habitation offrent peu de protection. Les montres haut de gamme, les pierres rares et les pièces sur mesure connaissent une hausse des vols. Les entreprises de joaillerie font également face à leurs propres enjeux, avec une augmentation des tentatives de vol pendant les périodes de fort stock telles que décembre–janvier et mai–juin.

De même, en cas de sinistre, le rôle de l’expert en joaillerie dans l’évaluation des dommages permet de faciliter le processus d’indemnisation en déterminant le montant et les modalités de compensation du propriétaire.

Dans tous les cas, éviter la sous-assurance est crucial pour les objets de grande valeur. Des expertises à jour, une déclaration précise et des valeurs agréées offrent la meilleure protection aux assurés.

En conclusion, choisir la bonne police nécessite une approche pragmatique et personnalisée : définir un capital assuré et une méthode d’évaluation — idéalement la valeur de remplacement ou la valeur agréée — afin d’éviter la dépréciation liée à l’ancienneté ; revoir et, si nécessaire, demander la suppression ou l’augmentation des limites par objet ou par catégorie lorsque vos pièces dépassent les sous-limites standard ; s’assurer d’une couverture mondiale et en transit si vous voyagez fréquemment ; évaluer l’équilibre entre franchise et prime, sachant qu’une couverture plus élevée et des franchises plus faibles entraînent des primes plus élevées, et ajuster la protection à votre budget ; enfin, prendre en compte la réputation de l’assureur et la gestion des sinistres — en vérifiant les avis, les délais de réponse et la facilité d’expertise après sinistre — afin de garantir un traitement rapide et efficace en cas de besoin.